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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 10:33

 

Steve s'est entraîné depuis des mois pour réaliser un de ses rêves les plus fous, à savoir parcourir 170 kms avec 13500 métres de dénivelé positif. Direction Andorre pour le Killian Jornet Vezinois. Des heures de course, de la sueur, des pieds en marmelade, des doutes, des larmes mais au bout, la satisfaction, la fierté et la joie. Quel exploit ! Bravo Steve !

RONDA DELS CIMS 2017

"La Ronda dels cims était mon objectif principal pour cette année, une course en Andorre de 170 km et de 13500 m de D+ au départ d’Ordino. J’étais accompagné de Renaud un ami, engagé sur la Marato Dels Cims, de son cousin Patrice qui allait me livrer de précieux conseils pour cette course qu’il avait déjà effectuée et terminée, et de mes beaux parents qui ont volontairement prévu leurs vacances en Andorre pour me servir d’assistance technique.

Même si le départ de la course était prévu le vendredi 7 juillet pour 7 h, elle a réellement débuté pour moi la veille avec une bonne montée de stress et les questions qui vont avec  "qu’est ce que je fais là ? Vais-je y arriver ?…. " Je m’occupe en vérifiant mon matériel, tente une sieste qui ne prendra pas. Puis viendra l’heure du briefing de course où on nous demandera de conserver l’ensemble du matériel obligatoire  car le risque d’orage est important. Le rendez-vous est donné pour 6h demain matin, heure d’ouverture du sas de contrôle du matériel. Après une nuit digne d’une veille de course, je me lève vers 4h30 du matin, enfile un petit déjeuner copieux puis mon équipement. Renaud se lève pour immortaliser le moment puis l’heure est venue d’effectuer à pied le kilomètre qui sépare mon logement de la ligne de départ. Ils avaient demandé d’être à l’heure, je l’étais, d’ailleurs, j’étais le seul vu que j’étais le premier coureur arrivé. Rues désertes avec seulement quelques membres de l’organisation puis c’est l’ouverture du sas de départ, j’arrive au point de contrôle qui tire au hasard une photo d’un élément du matériel obligatoire, pour moi ce sera la couverture de survie, qui est bien évidement au fond de de mon sac, pas très malin de ma part sur ce coup là. Je rentre enfin dans le sas de départ cerclé de rambardes de sécurité dont on ne sait pas si elles sont placées là pour empêcher les gens de rentrer ou d’en sortir. A ce moment là, je suis à bloc, j’ai les grosses pétoches à tel point que je suis incapable d’appeler ma femme tellement je suis en stress. A l’approche de l’heure du départ, l’ambiance commence à monter d’un cran avec un groupe de percussionnistes du coin et le feu d’artifice.

1ère journée

 

Puis c’est l’heure du départ, avec une boucle autour du village d’Ordino pour rejoindre le premier sentier de la course. Le directeur de la course Gérard Martinez nous attend là, il profite du ralentissement pour tous nous encourager et nous prodiguer son dernier conseil « tranquille ». C’est la première ascension, le cardio monte, la vitesse descend, c’est parti pour 21km dont 14 km de montée direction le col d’Arrenes et de Ferreroles (2532m), le sentier n’est pas trop technique, passant progressivement du végétal au minéral. Un dernier coup d’oeil sur Ordino qu’on prend de haut. Je me rends compte dès le début que les temps de passage prévus ne pourront être tenus. Tant pis,  mon objectif est de terminer. Peu importe le temps. Je remonte quelques coureurs jusqu’à reconnaître un maillot de ma région celui du team HDB des côtes d’Armor, plus précisément celui de Bruno que j’avais rencontré à Guerlédan. Je ferai l’intégralité de la course avec lui. J’arrive au premier ravito, Sorteni (2000m), surprise mes beaux parents sont là. Ils récupèrent bidons et poche à eau pour faire le plein pendant que je m’alimente, m’annonce que je suis très frais alors que d’autres sont déjà entamés. On repart direction la vallée de Rialp, par des sentiers herbeux clairsemés de gros cailloux, pour remonter tranquillement vers le Portera de Rialp et redescendre ensuite vers Coma d’arcalis, le 2ème ravito. Les sensations sont excellentes. Direction la Brexta d’Arcalis à 2700m d’altitude avec 500m de D+, pour redescendre ensuite vers un cirque avec une vue sur 3 magnifiques lacs, c’est encore très minéral, de la roche partout, on passe le clot de Cavall,  plus herbeux, pour arriver au 3ème ravito le Pla Estany. J’en profite pour rafraîchir mes pieds avant la terrible ascension vers le Pic Comapedrosa, le point le plus haut d’Andorre qui culmine à 2942 m. Nous allons prendre 850m de D+ sur 2,5km dans un sentier très technique avec des névés et un sommet qui se fait attendre. Mon ascension est efficace, trop efficace, je ne le sais pas encore mais je vais le payer cher. A l’arrivée au sommet, on entend le son d’une cornemuse, c’est magique ! Les membres de l’organisation sont courageux d’être là car il fait froid. On pointe, puis on entame la descente pleine de cailloux. Vigilance car la chute peut faire mal. Je descends bien mais je commence à avoir quelques soucis digestifs, j’échange avec un coureur qui semble avoir les mêmes problèmes. Nous arrivons au lac noir, nous passons sur la névé en pente qui rêve de nous emmener vers le fond transparent. Le lac n’est pas noir mais d’un bleu pur, c’est magnifique mais sûrement très frais. Le coureur, avec qui j’étais, est en train de régler son problème digestif, ça va sûrement être mon tour en attendant je ne peux plus rien boire ni manger. Pas bon, je descends tranquille jusqu'au refuge de Comapedrosa. C’est le 4ème ravito, je mange et bois un peu mais je vois bien que ce ne sera pas suffisant. Je repars seul et m’équipe pour la nuit. J’allume la frontale, on distingue quelques lumières au loin, je commence à appréhender ma première nuit car les sensations ne sont pas bonnes. Je ralentis et attends un groupe de 2 coureurs espagnols qui vont m’emmener jusqu’au col Botella. Nous arrivons à un point de contrôle intermédiaire que je crois être le ravito. Déception, il y a une longue descente puis une longue montée avant d’arriver au Coll Botella. J’ai mal au ventre, je n’en peux plus et commence à penser à l’abandon. J’ai les larmes aux yeux tellement je suis dégoûté. J’arrive enfin au refuge, je m’allonge sur la terrasse, me mets à grelotter et ne pense qu’à abandonner. La décision sera prise après une sieste car je mettais fixer le principe de décider d’abandonner après m’être reposer. Mes beaux parents sont là et m’aident à remonter la pente. Au bout d’une demi-heure ça va déjà mieux, je mange et bois. Je peux repartir. Bruno arrive enfin et m’avoue lui aussi avoir traversé un moment difficile. La décision est prise de finir la course ensemble, ce sera plus prudent. Le sentier est au début peu technique permettant de courir sans trop de difficulté et surtout de discuter. C’est bon pour le moral mais nous sommes prévenus de ce qui nous attend. Une descente très dangereuse, voire périlleuse, avec des chaines fixées dans les rochers. Nous remontons tranquillement vers le Bony de la Pica qui culmine à 2400 m. La fin de l’ascension est brutale mais ce n’est rien comparé au 1500 m de D- qui nous attend avec une descente très technique. Ça descend fort, les cailloux dévalent la pente dès qu’on les touche. Nous attendons une japonaise qui est en difficulté, on ne peut pas la laisser seule ici c’est trop dangereux. Nous venons de nous faire dépasser par les 3 premiers de la Mitic qui semblent voler au dessus des cailloux, c’est ahurissant. Nous rentrons dans la forêt, la pente est plus douce mais la descente va être longue. Nous avons mis plus de 2h30 pour faire les 6km de descente et les 1500m de D-.  Il est 6h du matin  lorsque nous arrivons à Margineda la 1ère base de vie. Une bonne douche, une sieste d’une demi heure sur un matelas  de gymnastique, un bon ravito et nous sommes prêts pour attaquer la 2ème journée.

 

2ème journée.

 

On repart de la Margineda, il est 7 h45, il fait jour, nous sommes d’attaque pour cette 2 ème journée. Pas trop réveillés, nous avons failli louper la bifurcation. On commence fort avec 800 m de D+, on monte tranquille, une légère descente et on reprend des chemins agricoles et de la route. Ca fait du bien un sentier sans difficulté, il fait beau mais ça ne va pas durer. Nous arrivons à Coma Bella, un bon bouillon de légumes ça fait du bien. On se pose un peu car il va falloir monter au Pic Nègre. Nous repartons tranquille dans un sentier qui monte tranquillement dans la forêt, le ciel s’assombrit, il pleut, on enfile les vestes et pantalons imperméables. Mes beaux parents sont là sur le parking, ils improvisent  un ravito sauvage avec du café et des petits gâteaux, c’est royal. Nous reprenons la montée, le temps s’est sérieusement dégradé, arrivé au refuge je demande au représentant de l’organisation s’il faut monter, il me confirme que « oui » alors que tous les autres coureurs sont entassés dans le refuge. Avec Bruno, on décide de continuer à monter. Le vent et la pluie nous fouettent le visage, on prend de grosses rafales, c’est juste la tempête. La foudre tape sur les crêtes. Le 4x4 du point de contrôle descend du sommet. Il nous demande de redescendre au refuge par nos propres moyens puis de remonter après quand le temps sera plus calme. On y comprend rien. Au final, il nous dit qu’on peut monter de toute façon, il nous a pointé. On ne veut pas redescendre, le refuge est trop loin, nous décidons de monter. Nous avançons difficilement tellement le vent est fort, on sent la température corporelle descendre. Je crois que nous avons pris un gros risque. Le sommet « ouf » et le vent dans le dos, on peut courir et se réchauffer, le plus dur est fait.On s’abrite en contrebas des crêtes, un repointage, une descente technique. Avec Bruno nous sommes super contents, on vient de passer une grosse difficulté. C’est énorme pour le mental. Le soleil pointe le bout de son nez, on enlève l’équipement de pluie pour rejoindre le refuge de Claror. Les montagnes sont moins hautes, c’est plus herbeux et le sentier est moins technique, nous progressons plus facilement. Direction Illia, nous nous faisons reprendre par des coureurs dans la descente, l’un deux nous explique qu’ils sont restés bloqués pendant 2 h dans le refuge du Pic Nègre mais qu’on leur comptera seulement 1h de pause. Il a peur de ne pas passer les barrières horaires, je le rassure car nous sommes large, il manque de lucidité. La montée vers Illia est magnifique, c’est de loin mon endroit préféré. C’est indescriptible, nous slalomons entre les grosses roches et les étangs. La tombée de la nuit va venir gâcher ce magnifique spectacle, nous arrivons à Illia, ici pour entrer on se déchausse, c’est la classe, c’est tout neuf. Une pause kiné, pédicure, un bon ravito et une sieste et nous voilà repartis vers le Pas de la Case et là ça va être moins fun. Ca commence mal, on ne trouve pas le balisage, à croire qu’ils ont voulu corser l’affaire et ça va être comme ça jusqu’au Pas de la Case. C’est interminable, j’ai l’impression de me faire balader à droite, à gauche et de ne pas avancer vers le sommet. On ne voit pas le Pas de la Case, je grogne ça m’énerve et je ne suis pas le seul. On rejoint des coureurs qui sont rincés, enfin le sommet et la descente vers le Pas de la Case. Il y a de la neige et d’énormes cailloux. Le paysage est surprenant, une descente encore interminable, on finit par une piste de ski et on arrive enfin au Pas de la case. Les rues sont désertes, normal il est 4h du matin. Ma belle-mère m’attend à proximité de la base de vie, quel courage d’être là au petit matin. Enfin la base de vie, une bonne douche, une sieste d’une demi-heure, et là le magicien, un kiné espagnol, quelques difficultés à communiquer mais il comprend que j’ai mal au genou et aux quadriceps. Il effectue un massage tonique, quelques manipulations et là plus rien les jambes sont comme neuves un miracle. Je n’aurai même pas de courbatures le lendemain. Je ne sais pas ce qu’il a fait. On repasse avec la pédicure qui malheureusement ne fera pas de miracle, je suis dans le dur au niveau des ampoules. Je mange un peu et c’est reparti. Le jour se lève et nos sourires avec, il reste 40 km et nous savons que nous allons terminer, il n’y a pas d’abandon au Pas de la Case.

 

3ème journée

 

Il fait frais, nous courons un peu pour nous réchauffer le début est un peu chaotique, le chemin est étroit et les herbes sont hautes. Nous avançons à notre rythme, une forte montée sur la fin et nous atteignons le Pas de les  Vaques. Direction Inclès, Bruno est toujours aussi à l’aise dans les descentes et moi à la peine, mes pieds me brûlent. Nous passons entre les lacs de Siscaro, l’eau est si claire, c’est d’une beauté et d’un calme. Nous arrivons à Inclès, mon groupe de supporters est là, un passage éclair chez le pédicure, un court ravito, un dernier conseil de Patrice et nous sommes repartis, il paraît que ça va monter sévère, je confirme et en plus c’est pas large. Bruno me demande si je peux prendre une photo car il a le vertige, je lui dis que moi aussi. Une autre fois pour la photo, ici c’est trop risqué. Nous arrivons à la crête de la Cabane Sorda à 2650 m, nous apercevons le prochain ravito au loin, le refuge de Coms de Jan. Les pieds deviennent moins sensibles, nous avançons. Ca sent bon, c’est la dernière montée, j’ai la pêche et je sens que la montée va être tonique. On monte vite et fort, 1h17 pour faire l’ascension au lieu des 1h30 prévu. Au sommet, nous immortalisons le moment avec Bruno, une photo s’impose. Bruno me demande si on continue sur ce rythme. Je lui confirme que je peux courir, je ne sens plus mes pieds. On va descendre vite. Bruno finit par me lâcher dans la descente, il m’attendra au prochain ravito. C’est le dernier ravito Sorteny, mon groupe de supporters est là, on repart, il reste 10 kms qui vont être très long, on court un peu, on marche beaucoup, l’envie de courir n’est plus là. Nous sommes rejoints par des concurrents de la Mitic qui marchent aussi. Les kilomètres n’avancent pas. La femme de Bruno nous rejoint, on discute, c’est cool, ça fait passer le temps. On se fait dépasser par un concurrent de la Ronda et là c’est trop pour moi, je déteste me faire dépasser à la fin. Je demande à Bruno s’il veut courir, il me confirme que oui. On court moyenne 10km/h, on reprend quelques concurrents. Nous arrivons à Ordino, c’est indescriptible l’émotion qui nous envahit. Une dernière côte, Bruno et moi franchissons la ligne d’arrivée ensemble sous les applaudissements,  le speaker annonce finisher avec son accent Andorran, c’est fini, nous sommes fous de joie et cela vaut bien une bonne bière à l’arrivée et un bon resto.

 

Une grande course magnifique mais très difficile, réputée pour être une des plus dure d’Europe, qu’il me paraît impossible de finir seul alors un grand merci pour tous vos encouragements, un grand merci à Renaud mon coloc qui a du supporter mes montées de stress et mes réveils matinaux, à Patrice pour ces précieux conseils, à Michelle et Patrick, mes beaux-parents, supporters et assistants jusqu’au bout de la nuit, à Bruno mon partenaire de course avec qui j’ai passé 60 heures inoubliables, à Anne-marie, Lou-Anne et Axel qui ont patienté pendant mes heures d’entrainement et du vivre cette course à distance. "

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Published by Courir à Vezin - dans TRAIL
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commentaires

Nicolas Verdes 30/08/2017 16:47

Ouchhh
un ENORME BARVO Steve pour ce superbe exploit.
Vraiment très fort.
Le prochain maintenant... LE TOR DES GEANTS ?
:)

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  • : Footing et Marche nordique ouvert à tous le dimanche matin à 10 heures. Rendez-vous au CRAPA. Pour les débutants, parcours et durée Limités. Entraînements : mercredi : 18 h (fractionné), jeudi fractionné sur la piste du Rheu à 18 h 30, vendredi 18 h (endurance), dimanche 10 h : sortie longue, course ou sortie extérieure.
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